Changement de réalisateur pour le second volet de la saga Insaisissables ou Now You See Me dans la langue de Shakespeare. Si le premier film était une bonne surprise sous la direction de Louis Leterrier, Jon M. Chu oeuvre dans une suite avec un ton un peu différent.

Fort d’un casting déjà conséquent dans le premier film, Insaisissables 2 renforce ce dernier avec la modeste participation de Daniel Radcliffe, riche truand manipulateur. Exit notre Mélanie Laurent nationale et Isla Fisher (qui me fait personnellement penser à Justine Le Pottier, surement les cheveux) dans le rôle du cavalier féminin. Elle est remplacée par une Lizzy Caplan un peu plus exubérante qui n’en loupera aucune pour placer un mot d’esprit.

Pour le scénario, on reprend finalement les ficelles du premier et on recommence. L’habile subterfuge pour camoufler le départ de Isla Fisher fonctionne et la partition se déroule bien dans les scènes d’exécutions spectaculaires des « tours de magie ». Cette fois-ci, le focus est mis sur le personnage de Dylan joué par Mark Ruffalo. Dommage que les scènes de background soient aussi nombreuses et ramollissent les ambitions du groupe en donnant un rythme globalement moins impressionnant que dans le premier film.

Assurément la scène la mieux maîtrisée du film.

Assurément la scène la mieux maîtrisée du film.

La mise en scène assure le spectacle et donne une bonne raison pour suivre les deux heures de film. Le ton kitsch du premier, qui rappelait les spectacles hauts en couleur des soirées de Las Vegas, laisse place à un ton plus actuel et encore plus technologique. C’est parfois exaltant et d’autres fois complètement abracadabrant mais heureusement, ça reste cool.

Le gros point noir de Insaisissables 2 réside, et c’est assez rare pour le noter, dans son montage. Parfois incompréhensible et d’autres fois mal maîtrisé, on se demande comment cela a pu être possible. Manque de temps ? Changement de dernières minutes ? Toujours est-il qu’on y perd en lisibilité et en cohérence.

insaisissable2

Une complicité naît entre Merritt et Jack. Un duo réjouissant.

On peut aussi revenir sur le rôle complètement étrange du jumeau Chase, de Woody « Merritt » Harrelson incarné par lui-même et qui s’essaie donc au double loufoque non pour le meilleur. La scène de l’authentification vidéo est assurément le moment incohérent et ridicule qui interroge le spectateur concernant un film qui part un peu en vrille. En atteste une fin toujours peu convaincante, à la manière du premier film, qui fait preuve de peu d’audace et ne cristallise pas le contentement d’avoir découvert le pot-aux-roses.

Insaisissables 2 est une suite efficace mais sans ambition du premier. Avec des scènes d’action réjouissantes, mais une fin mitigée, le casting XXL hétéroclite au demeurant sympathique ne suffira pas à insuffler une magie à un film pourtant divertissant dans la forme.