Je connais bien l’oeuvre de Makoto Shinkai. Pour avoir vu tous ses films, j’étais assez curieux de voir celui qui battait et bat encore des records d’entrées au Japon et ce qu’il pouvait y avoir de neuf dans cette histoire de deux adolescents que tout oppose.

Le jeune garçon, Taki, vit à la ville, à Tokyo, et mène une vie de petits boulots et de divertissements avec ses amis. La jeune fille, Mitsuha, vit à la campagne et protège le patrimoine du village en suivant l’apprentissage de sa grand-mère. Ce qui fait la particularité de ses deux êtres, c’est d’échanger leur vie, certains jours pendant leur sommeil.

YOUR NAME

Un amusant rituel entre ces deux là se joue devant nos yeux charmés.

Le film ne manque pas de beaux moments. Comme à son habitude, Shinkai impressionne par sa maîtrise des décors et des plans de la vie courante. On y voit ce qui fait du Japon un pays si particulier, du métro en passant par les restaurants ou par ses rites shinto. Tout est minutieux et incroyablement vivant au son rock du groupe Radwimps qui a pour l’occasion écrit la bande originale du film .

Les émotions ne sont pas en reste. Plus qu’à l’accoutumé, Your Name est drôle. Les situations cocasses entre les deux adolescents font esquisser à de nombreuses reprises un sourire, jusqu’à lâcher un éclat de rire. Pour le reste, ses personnages frustrés, dans la fleur de l’âge, cherchent un monde qu’ils ne connaissent pas encore, ont des rêves d’évasion qui vont les faire se rapprocher.

Symboliquement, Shinkai joue avec les différences marquées entre la ville et la campagne, comme dans ses anciens films, en ne manquant pas de montrer les atouts comme les inconvénients des deux parties, mais aussi sur le passé pas si lointain d’un pays meurtri par la guerre et les affres de Mère Nature. Des passages vibrants et justes qui ont probablement beaucoup plu au Japonais qui se sont rendus en masse dans les salles obscures pour voir ce film qui parle finalement beaucoup du Japon.

YOUR NAME

La comète, astre fascinant, a un rôle prépondérant dans l’oeuvre.

Makoto Shinkai, qu’on dit prodige et suppléant à la carrière incroyable de monsieur Hayao Miyazaki (qui a décidé de continuer son oeuvre) a pourtant une carrière beaucoup plus personnelle et une relation à l’animation presque intime. Comme Miyazaki qui prône l’écologie dans ses oeuvres, Shinkai, lui, fait de ses oeuvres des histoires d’amour impossibles. Depuis ses débuts avec She and her Cat, il n’a de cesse de mettre en scène ce sujet qui lui tient à coeur. Aujourd’hui, dans Your Name, Kimi no Na wa en japonais, son thème de prédilection déchaîne les passions au cinéma. Désormais troisième film d’animation le plus lucratif  du Japon devant Princesse Mononoke, Shinkai est bien parti pour faire de Your Name un film au succès mondial qui restera dans l’histoire et qui appuiera, pour la plupart, son statut de porte voix de l’animation japonaise de l’après Ghibli.

A ma grande surprise, Your Name a quelque chose que n’avait pas ses précédentes oeuvres : l’accomplissement. Avec cette oeuvre, Shinkai a réussi à améliorer en tout point ce qu’il faisait depuis 10 ans en ne manquant pas de faire des clins d’œil à ses précédentes œuvres. Son film est beau, comme toujours, et son histoire poignante et bien racontée. Un gage de qualité qu’on espère voir se renouveler dans son prochain film qui risque d’être désormais attendu au tournant.