Si je ne suis pas un fan invétéré de l’univers Star Wars, j’en reconnais le prestige et ses qualités intrinsèques. Avec le retour en force de la saga l’année dernière avec le septième épisode, la machine Star Wars donne un rendez-vous par an aux fans et aux curieux jusqu’en 2020. De quoi sustenter ou donner la dose létale, au choix.

En 2016, Disney nous gratifie d’un film spin-off pour patienter. Intitulé Rogue One : A Star Wars Story, il revient sur une aventure se déroulant avant le quatrième épisode et les débuts de Luke Skywalker.

Comme l’indique le titre de la saga, même si on peut l’oublier, les guerres de l’Etoile est un très bon résumé de cette oeuvre qu’est Rogue One. Sous la direction de Gareth Edwards à qui on doit le contesté dernier Godzilla américain, Rogue One sonne comme un film de guerre ultra efficace où les passions sont frustrées et enfouies. Il s’agit en effet d’une histoire d’héritage partagé entre le sacrifice et le pardon, d’une bataille pour l’espoir et contre la peur.

Rogue One

Un trio efficace et étonnant.

Avec de nombreux tableaux et une histoire qui compose avec un bon nombre de personnages, ce film aurait pu être indigeste ou, il aurait pu ressembler à Suicide Squad. Au lieu de ça, tous les personnages ont un traitement à leur échelle. Pas de surexploitation du side-kick K-2SO, ce que j’aurai pu craindre, des partenaires de combat pas franchement pertinents mais qui ont le mérite d’avoir une belle écriture et de savoir pourquoi ils sont là. C’est la guerre, l’Empire vient de produire l’Etoile de la Mort et la Rébellion n’est pas unanime sur la marche à suivre. Une petite équipe de militants convaincus fait donc office de première ligne pour empêcher qu’une arme aussi puissante puisse faire régner la terreur.

Ce qu’on peut unanimement saluer dans Rogue One, c’est le travail colossal apporté aux combats et aux décors de ces derniers. C’est aussi réussi qu’original dans un contexte de space opéra. Cette plage que la communication nous a vendue est un lieu qui finalement, rappelle plus un lieu de vacances qu’une plage grise de Normandie. C’est surtout un contre-pied intéressant à la froideur des couloirs blancs auxquels nous a habitué la saga. Le blanc. Une couleur qu’on retrouve d’ailleurs du côté des méchant cette fois ci en dehors des Deathtroopers et de Vador. Une inversion des codes qui ferait presque passer la rébellion de Jyn Erso comme une hérésie face à l’Empire.

Si au final l’histoire de ce film ne joue qu’un rôle mineur dans la saga, elle explique avec beaucoup d’élégance et de réalisme ce que Leia et Luke réussiront à concrétiser. On remercie par ailleurs le travail de Michael Giacchino sur la base si précieuse des thèmes de John Williams. Un remaniement bien senti qui donne sa particularité à Rogue One.