Le biopic est en plein essor en ce moment : la môme, Gainsbourg, Mesrine, Sagan, les Doors,… On peut toujours crier au manque d’imagination ou au voyeurisme, les faits sont là, et les salles obscures ne désemplissent pas. Mais cette tendance s’observe avant tout dans les librairies. Plusieurs auteurs se sont essayé au genre cette année, et j’ai eu l’occasion de lire quelques-uns de ces titres. Voici ma sélection.
Le temps des possibles, de Suze Rotolo
Vous connaissez forcément cette photo. C’est celle qui orne The Freewheelin’, le second album de Bob Dylan, quand il avait encore sa bouille de poupon et qu’on l’avait élu d’office chef de file des protest singers. La demoiselle qui lui tient le bras est donc Suze Rotolo, auteur de ce livre et ex-petit-amie du chanteur. En 1961. elle rencontre Dylan dans Greenwich Village et partage avec lui la période charnière où, de « simple » chanteur folk, il devient l’icône d’une génération. Plongée dans l’ambiance du Greenwich Village d’alors : on suit avec elle les premiers pas de Dylan sur scène. C’est d’ailleurs elle qui lui aurait inspiré Don’t think twice it’s alright lorsqu’elle partit étudier en Italie.
Avant toute chose, je vous rassure : il ne s’agit pas vraiment d’une biographie du musicien, vu par sa groupie de copine (thème déjà éclusé par le temps). Je me serais probablement très vite ennuyée si tel avait été le cas. Je suis et serai probablement toujours une fervente admiratrice de Bob Dylan, il fait partie des musiciens dont je ne me lasse pas. Cela dit, j’ai lu en diagonale les passages qui le concernaient pour me concentrer sur les morceaux de vie racontés par Suze Rotolo.
Suze Rotolo grandit donc dans le Queens, à New York, dans une famille d’ouvriers communistes italiens, durant les années…
Impatient. De retrouver la plume d’Alan Duff, homme au passé tumultueux qui a su trouver la paix dans l’écriture. Son premier succès littéraire, publié en 1990, L’âme des guerriers (Once Were Warriors) a connu un grand retentissement en Nouvelle-Zélande puis un écho international grâce à son adaptation cinématographique en 1994 par le réalisateur néo-zélandais Lee Tamahori, L’âme des guerriers. Ce nouvel opus, Un père pour mes rêves sonne comme de lointains souvenirs personnels. Il est temps de s’y plonger.
Résumé
Fruit d’une brève liaison pendant la Seconde Guerre mondiale, entre une femme maori mariée et un soldat noir américain de passage, un jeune Néo-Zélandais doit apprendre à vivre entre le mépris dont sa communauté accable sa mère et les dangers que fait peser sur lui la tentation d’idéaliser un père inconnu.
Apatride
Mark vit dans la communauté de Waiwera en Nouvelle-Zélande. Tout le monde le surnomme Yank, stigmate d’une liaison entre sa mère et un soldat américain de passage pendant la seconde guerre mondiale. Ce jeune garçon maori de dix ans vit quotidiennement face au mépris et à l’indifférence des habitants comme à celui de Henry, son beau-père. Yank grandit et survit en rêvant à l’Amérique, à son père et à la vie fastueuse que celui-ci doit mener. Devenu musicien professionnel, il décide à vingt ans de partir à la rencontre de son père Jesse Hines. Il sera bien vite confronté aux troubles menant du fantasme à la réalité…
Juste et poignant
Avec son style et ses procédés narratifs bien à lui, Alan Duff nous emmène au cœur d’une famille maori au cours de la Seconde Guerre Mondiale. On suit avec intérêt la vie et les évolutions d’une galerie de personnages riches (la famille Henry et son personnage principal Yank/Mark, la communauté de Waiwera, Jessi Hines…) qui…
Jirô Taniguchi, auteur entre autre de Quartier lointain, est un mangaka connu et reconnu dont chaque manga peut s’acheter les yeux fermés. Jirô Taniguchi dessine principalement des gekiga, c’est-à-dire des manga destinés aux adultes, avec des thèmes fort et sérieux. Le journal de mon père fait partie de ces gekiga.
« Je n’aurais jamais cru que l’ambiance agréable de ma ville natale puisse m’apporter tant de calme… Avec les années, on connait le bonheur d’avoir des racines. »
Yoichi, trentenaire marié et journaliste à Tokyo n’est pas retourné à Tottori, son village natal depuis plus de quinze ans et n’en avait guère l’intention avant d’apprendre la mort de son père. Il doit donc rentrer chez lui pour assister à la veillée funèbre et aux obsèques. L’occasion pour lui de renouer avec ses racines mais, surtout, au fil des récits de son oncle, de découvrir la vraie vie d’un père dont il n’a cessé de s’éloigner et d’une mère absente qu’il idolâtrait.
Ce manga a deux protagonistes : Yoichi et son père. Les sentiments de l’un, les déceptions de l’autre… Les deux histoires se croisent avec simplicité et Yoichi découvre avec émotion un père qu’il a toujours méconnu, un homme qui a surmonté les épreuves de sa vie et s’est battu pour ses enfants, alors que Yoichi ne lui a jamais pardonné le départ de sa mère.
C’est donc l’histoire de cette famille que l’on suit avec tendresse, une famille comme toutes les autres, profondément ancrée dans la société japonaise. Car c’est ça aussi qui fait le charme de ce manga, ce côté traditionnel, renforcé par le style de dessin particulier de Jirô Taniguchi ainsi que des décors et paysages détaillés qui donnent un véritable cachet au Journal de mon père.
Jirô Taniguchi, lui-même originaire de Tottori,…
Résumé : Alvar, jeune et puissant souverain, trahi par son propre cousin et laissé pour mort, reprend ses droits au terme de plusieurs années sans mémoire. Mais son retour lui révèle une trahison plus cruelle encore. Blessé, bafoué, il reconquiert son trône en imposant à tous une épouse controversée : sa propre fille.
Chinois con carne
C’est uniquement attiré par un Alejandro Jodorowsky au scénario que je me suis laissé tenter par cette bande dessinée. Comme tout le monde j’ai consommé mon lot de Heroic Fantasy mais je n’ai jamais été un grand fan du genre. C’est donc avec un point de vue de néophyte du genre que j’ai abordé et lu cette bande dessinée.
Je connais Jodorowsky surtout pour ses Westerns métaphysiques et je dois dire que c’est son premier travail comme scénariste de BD que je lis. Il a travaillé avec les plus grands et ce dans plusieurs médias, théâtre, cinéma, bande dessinée, littérature. De Moebius à Fernando Arrabal en passant par le mime Marceau, c’est parlant non ?
Coté dessin, Dongzi Liu, jeune auteur chinois apporte beaucoup et la collaboration avec la légende Jodo excite la curiosité. Le dessin oscille entre le style Franco-Belge et le manhua, c’est magnifique, vif, nerveux et très graphique. Les couleurs sont sombres, les personnages beaux et violents tant sur les champs de batailles que dans les alcôves.
Plaque moi contre un meuble Ikea et dis moi des mots crus en suédois… Alvar!
La violence et le sexe sont omniprésent dans cet ouvrage, violence au combat, violence des situations, violence sexuelle, on assiste même à deux viols en 56 pages. Le coït est ici soit une forme de domination, soit un moyen de chantage ou une manière de calmer sa colère. Le…
Makoto Shinkai est un réalisateur de film d’animation japonais. Il est également doubleur pour ses films et graphiste pour jeux vidéo. En 1999, Shinkai réalise Kanojo to Kanojo no neko, court-métrage de cinq minutes en noir et blanc, plusieurs fois primé. En 2001, il quitte son emploi et commence à travailler sur The voices of the distant star, qui nécessitera sept mois de travail. Il sera suivi en 2004 de La Tour au-delà des nuages, un long-métrage lui aussi récompensé par de nombreux prix, puis par 5 cm per seconds, film d’une heure composé de trois court-métrage.
Kazé a choisi de mettre Makoto Shinkai à l’honneur en sortant un très joli coffret DVD centré sur 5 cm per second, mais comprenant aussi The voices of the distant star et plusieurs bonus, dont des interviews du réalisateur et son premier court-métrage, Kanojo to Kanojo no neko.
Voices of a distant star
Dans un futur proche, l’humanité a colonisé plusieurs planètes. Mais les colonies sont bientôt attaquées par des extraterrestres inconnus. Les Nations Unies décident d’envoyer des patrouilles dans l’espace, pour les localiser et les combattre. Mikako et Noboru sont deux collégiens, amoureux l’un de l’autre et se réjouissant d’entrer dans le même lycée à la rentrée. Mais, grâce à ses capacités exceptionnelles, Mikako est choisie pour entrer dans l’élite qui sondera l’espace à la recherche des ennemis de l’espèce humaine. Séparés par des milliers de kilomètres, tous deux s’envoient des SMS pour tromper le manque. Mais, dans l’espace, les messages mettent du temps à parvenir. Plus Mikako s’éloigne de la Terre, plus la communication est compliquée.
On retrouve dans le tout premier film de Makoto Shinkia toute la prouesse technique dont il sait faire preuve. Des graphismes sublimes, un chara-design qui, s’il n’est pas encore au summum…
Alors qu’Anita Blake, déjà présentée dans une chronique précédente, s’offre une deuxième jeunesse au fil de rééditions chez Milady et s’apprête à être adapté en série télévisée, les éditions J’ai Lu décident d’éditer la nouvelle série de Laurell K. Hamilton : Merry Gentry. Alors que la série en est à son sixième tome aux États-Unis, seulement deux tomes sont parus chez Fleuve noir depuis 2003. Mais comme Laurell.K Hamilton cartonne chez Milady avec Anita Blake, J’ai Lu présente l’autre série de l’auteur, et le tome 3 est prévu pour septembre 2010. Je n’ai lu pour le moment que le premier tome de Merry Gentry, Le baiser des ombres et mon avis est assez mitigé…
Voilà trois ans que la princesse Fey Meredith NicEssus s’est enfuie de la cour Unseelie et tente d’échapper à son cousin Cel, qui ne souhaite rien de plus ardemment que sa mort. Ainsi, sous le pseudonyme de Merry Gentry elle travaille à l’Agence de détectives Grey, spécialisée dans les affaires surnaturelles. Dans un monde où les Feys sont traqués par les paparazzi, Merry doit user de tout la magie de son glamour pour se dissimuler. Après trois ans de camouflage parfait, tout dérape lorsque deux femmes, l’épouse et la maîtresse, viennent à l’Agence, persuadées qu’elles sont victimes d’un sort lancé par l’homme qu’elles partagent. Et voilà Merry qui enquête sur ce tombeur, fanatique des Feys et apparemment puissant magicien.
Bon, pas la peine de s’attacher à cette affaire, elle ne représente qu’un grain de sable dans un scénario qui pourrait tenir sur un mouchoir de poche. Moins de soixante dix pages après le début, l’héroïne est déjà en train de s’envoyer en l’air. Il semblerait qu’il y ait un tournant dans le monde de Laurell K. Hamilton car, que ce soit…